Mon recueil Ellipses, le Making-Of

Mon recueil Ellipses a reçu un très bon accueil de la part des lecteurs. Bien plus que je n’aurai pensé quand je l’ai publié en auto-édition. Je dis souvent que j’ai réuni dans Ellipses les nouvelles qui n’avaient pas gagné leurs appels à texte. C’est un peu plus compliqué que ça et je voulais vous faire un article de blog pour expliquer comment j’ai construit ce recueil que vous aimez tant 😉

En 2018 j’ai écrit pas mal de nouvelles en réponse à des appels à texte. À l’époque, je ne savais pas trop quoi faire de celles qui avaient perdu leurs concours. J’étais assez à l’aise avec l’auto-édition et ce que ça impliquait de travail et promotion pour envisager de les réunir dans un recueil. Cette idée réglait un autre de mes problèmes : en salon du livre, je n’avais que mon roman Noosphère sur mon stand et mes lecteurs me demandaient d’autres choses. En 2019, j’avais prévu de retourner pour la seconde fois dans mes salons de 2018, je devais donc avoir une nouveauté. Les nouvelles étaient déjà là (du moins c’est ce que je pensais), et le projet ne m’a pas semblé si compliqué. Cette fois-ci je déléguais complètement la maquette à l’entreprise Ermin et la couverture à la graphiste Shealynn Royan. Blog et réseaux sociaux étaient déjà en route et bien alimentés, prêts à appuyer la promotion du recueil.

Il ne me restait plus qu’à me concentrer sur le contenu.

J’avais à ce moment-là 9 nouvelles en stock : « Fille de l’espace »,  « Quelques gouttes de thé », « La tenancière » et « Morvan », toutes 4 en attente des résultats de leur concours. « Citoyen+ » qui continuait sa diffusion en gratuit et que je ne pensais pas mettre dans le recueil à l’origine. Ainsi qu’« Icônes », « Dolores », « Tu étais pourtant si fier de moi » et « Tu t’en souviendras ? ». 5 d’entre elles étaient écrites sous forme d’ellipses narratives, ce qui donna le nom du recueil (même si après ça a changé, je n’ai jamais pu abandonner ce titre).

Fin septembre 2018, « Fille de l’espace » était sélectionnée pour l’appel à texte Arkuiris et était publiée dans l’anthologie Les Migrations du futur. En décembre 2018, les éditions du Grimoire m’annonçaient que « Quelques gouttes de thé » gagnait son concours de nouvelles et paraitrait dans l’anthologie du prix Mille Saisons, intitulée Revenir de l’Avenir. Elle y fit un très beau parcours puisqu’elle gagna le Prix Rosny Aîné de la nouvelle en 2020. Quelques jours plus tard, le Président d’Imajnère m’appelait pour me dire que « La tenancière » était lauréate de l’appel à texte du festival Imajnère (le thème était « Frontière »). Je perdais donc 3 nouvelles.

Je décidais également de ne pas inclure « Morvan », qui était avec « La tenancière », mon autre unique nouvelle fantastique. Elle avait perdu son AT sur le thème « Nouvelles du large ». Il faut dire que je n’avais aucune chance : c’était un concours général et je suis sûre que je devais être la seule nouvelle du mauvais genre de l’imaginaire. Ainsi je partais sur un recueil de pure Science-fiction.

Il ne me restait donc que 5 nouvelles (et donc les fameuses « qui ne gagnent pas leurs concours ») :

« Tu t’en souviendras ? » avait été écrite pour le prix René Barjavel sur le thème « Lettre aux vivants qui souhaitent le rester ». J’avais découvert le concours une semaine avant la date butoir, trop occupée par ailleurs. Je décidais d’y répondre à la dernière minute, commençant à écrire à 21h et finissant mon texte à 1h du matin. L’histoire d’une relation mère-fille dans un monde post-apo et les conseils pour survivre. Ma mère était décédée 2 jours plus tôt.

« Tu étais pourtant si fier de moi » constitue son pendant, puisqu’on est là sur une relation père-fille. Écrite pour le concours Vision du futur de Présences d’esprit 2018 avec comme thème la citation de Antonio Gramsci « Le vieux monde se meurt, le nouveau tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres ».

Icônes est une nouvelle de SF écrite pour un concours local de la vallée du Loir, sur le thème « La différence ». Concours ouvert à tous les genres, donc je devais être la seule nouvelle en science-fiction.

Dolores a été écrite après la maladie de ma mère. Encore une relation mère-fille-souffrance-monde. Je l’avais envoyé au Prix Alain le Bussy, athématique, avec comme seule consigne de faire attention à la place des femmes dans le récit. Radicale, ma nouvelle n’a que des personnages féminins. Mon texte n’a pas gagné mais a eu une mention honorable et une parution dans le hors-série de Géante Rouge édité en pdf.

Je décidais d’inclure « Citoyen+ » qui n’avait pas de vie papier et avait bien prouvé qu’elle en mérité une.

Avec tout ça, il me manquait encore des textes. Une seule solution : en écrire 😊

« Les reines de Cyanira », « Alchimistes du rêve » et « Les questions que l’on pose » sont donc des textes inédits écrits pour le recueil Ellipses.

J’ai d’abord écrit « Les questions que l’on pose ». L’inspiration est venue d’un mélange entre une discussion avec ma meilleure amie qui travaille dans les logiciels de Big Data et qui me racontait ce qu’ils pouvaient faire, et le souvenir de mon prof de philo en prépa qui nous avait soutenu que l’intelligence était un attribut purement humain et ne pourrait jamais être celui de la machine.

Après avoir écrit ce texte, je me suis retrouvée devant un dilemme : j’avais 4 nouvelles avec des choix narratifs originaux (1ère personne du singulier passé, 1ère personne du singulier au présent, niveau de langue familier). Il me fallait du classique, de la 3ème personne passé simple, du sujet-verbe-complément. J’ai donc écrit « Les reines de Cyanira » et « Alchimistes du rêve ».

« Les reines de Cyanira » est une nouvelle née d’une envie d’écrire un personnage télépathe très puissant. Mais mon idée de base a dévié pour plutôt retourner l’adage « de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités ». Je n’aime pas cette phrase et dans ma nouvelle j’explore comment de grandes faiblesses impliquent d’immenses responsabilités.

Enfin « Alchimistes du rêve » est l’hommage le plus étrange qu’on n’ait jamais vu en SF. Je l’ai écrite en hommage à Mitsuru Adachi, mangaka célèbre pour ses mangas de compétition de sport dans des lycées japonais (il a écrit H2, Tough, Katsu ou encore Rough connu en France sous le nom « Théo ou la batte de la victoire »). C’est aussi un auteur qui traite beaucoup les thématiques du deuil, du sacrifice et de la résilience. Les histoires d’amour dans ses mangas sont toujours montrées par des regards qui se détournent, des services rendus, des silences et des non-dits. C’est ce que j’ai voulu tester sur mes personnages. (Aussi ses héros cassent souvent le 4e mur, c’est hilarant, je ne peux que vous recommander ses mangas).

Ensuite pour le montage, je ne suis pas anthologiste mais j’ai fait de mon mieux. Je ne pouvais que finir par « Citoyen+ » et sa chute explosive. « Tu t’en souviendras ? » et « Tu étais pourtant si fier de moi » ont été mise en miroir, l’une en 2e position et l’autre en avant-dernière, avec « Dolores » au milieu, premier pic du recueil (« Citoyen+ » à la fin comme second). Je ne voyais pas où mettre « Les reines de Cyanira » ailleurs qu’au début, en espérant que ce ne soit pas trop classique ou lourd, et en mettant « Les questions que l’on pose » assez vite après pour donner du peps.

Et… voilà ! Le tour était joué et le recueil sortait ^^

Je n’ai pas pu en faire une énorme promotion, car à cette période je finissais mon DU et je commençais un nouvel emploi. Mais les blogueurs de SF comme Xapur, les lectures du Maki, Apophis ou Feyd Rautha sur l’épaule d’Orion, entre autres, lui ont fait de super chroniques ce qui a permis de le faire connaitre.

Est-ce que je ferai les choses différemment aujourd’hui ? Oui, sûrement. En premier lieu j’aurai d’abord envoyé mes nouvelles au Bifrost avant de les auto-éditer :p. Aussi j’aurai tenté d’atteindre 10 nouvelles, plutôt que 8. Et j’aurai inclus une nouvelle de Hard-SF. Mais cela n’a plus d’importance. Ellipses est sorti et continue son parcours dans vos bibliothèques et c’est ce qui est le plus important 🙂

Et si vous ne l’avez pas encore, pour le commander c’est par LA, ou en direct en m’envoyant un message via le blog.

À bientôt !

2 réflexions sur “Mon recueil Ellipses, le Making-Of

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