Ma chronique de [Anatèm] de Neal Stephenson chez AMI

Je sais que j’arrive après la bataille, mais je vous livre enfin ma chronique de [Anatèm] de Neal Stephenson, paru l’année dernière chez Albin Michel Imaginaire.

Résumé par l’éditeur : « Fraa Erasmas est un jeune chercheur vivant dans la congrégation de Saunt-Edhar, un sanctuaire pour les mathématiciens et les philosophes. Depuis des siècles, autour du sanctuaire, les gouvernements et les cités n’ont eu de cesse de se développer et de s’effondrer. Par le passé, la congrégation a été ravagée trois fois par la violence de conflits armés. Méfiante vis-à-vis du monde extérieur, la communauté de Saunt-Edhar ne s’ouvre au monde qu’une fois tous les dix ans. C’est lors d’une de ces courtes périodes d’échanges avec l’extérieur qu’Erasmas se trouve confronté à une énigme astronomique qui n’engage rien de moins que la survie de toutes les congrégations. Ce mystère va l’obliger à quitter le sanctuaire pour vivre l’aventure de sa vie. Une quête qui lui permettra de découvrir Arbre, la planète sur laquelle il vit depuis toujours et dont il ignore quasiment tout. »

Mon avis sur ce roman se résume en quelques phrases :

Si vous aimez Le nom de la rose, lisez ce livre

Si vous aimez Dune, lisez ce livre

Si vous aimez la physique quantique, lisez ce livre

Si vous aimez la philosophie, lisez ce livre

Si vous aimez lire, lisez ce livre

Voilà.

Maintenant, pour détailler un peu :

[Anatèm] a été parmi mes meilleures lectures de la décennie. Pour moi il s’agit d’un roman de haut niveau, qui est déjà un roman culte de la science-fiction. Oui je dis bien un, car même s’il se présente en deux tomes chez Albin Michel Imaginaire, il s’agit bien d’un roman dans son édition originale (et donc dans sa structure) et je conseille de les lire à la suite. J’ai moi-même fait une pause d’un mois entre les deux et j’ai eu du mal à rentrer de nouveau dans tout l’univers. Ce roman donc présente un équilibre quasi parfait entre réflexions sociétales et philosophiques, sciences, actions, mystère et personnages attachants.

Alors oui comme l’ont dit certains blogueurs c’est un roman exigeant, mais il ne faut pas que cela effraie le lecteur. [Anatèm] propose différentes expériences de lectures. Pour ma part j’ai lu toute la chronologie du monde avant d’attaquer le premier chapitre, j’étais donc moins « perdue » au début. J’ai aussi décidé de ne pas m’arrêter en cours de lecture pour vérifier un point de philosophie antique. En revanche je l’ai fait avec plaisir une fois ma lecture terminée.

Il faut donc faire confiance à l’auteur et au texte. C’est un roman qui selon moi demande à la fois exigence et lâcher-prise. Des définitions sous forme d’extraits de dictionnaire émaillent les chapitres et viennent toujours à point nommé et quand la définition n’est pas donnée immédiatement, mais 4 pages plus tard c’est pour laisser le lecteur jouer avec le concept un moment par lui-même. Car cette confiance marche aussi dans l’autre sens : l’auteur fait confiance au lecteur. (Ce qui me fait penser de vous écrire bientôt un article sur le lectore in fabula de Umberto Eco)

Ce roman offre des concepts assez vertigineux, avec des notions de durée assez folles, un passé fascinant et un air de mystère, d’exotisme et de proximité terriblement intrigant. Les personnages sont aussi très attachants et ça a été une très très très agréable surprise. Pas de super héros ultime, juste un homme un peu futé avec beaucoup d’autodérision. Pas de petites copines badass, juste des filles intelligentes et débrouillardes. Pas de potes qui ne servent à rien, les amis du héros ont tous des traits distinctifs précis, ils aident Fraa Erasmas à réfléchir, à grandir, à accepter, à oser. Au milieu de la philosophie et de la science, on est témoin d’une vraie amitié. Un petit point négatif tout de même c’est qu’avec un héros si attachant, j’aurai aimé qu’il y ait un peu plus de fan service avec quelques moments de gloire pour tout ce qu’il fait. Après des scènes d’action très tendues, ou des prises de risque ou des prises de positions fortes du héros, on a souvent droit à des « ah oui, tu as fait ça, euh d’accord pourquoi pas, mais il y a plus gros qui se trame », ce qui nous rend un peu amers tellement on aime notre Fraa Erasmas.

Bref [Anatèm] est un roman que je recommande à 200%. Même s’il est si différent des autres livres de l’auteur Neil Stephenson, que je ne suis pas sûre de lire autre chose de lui et de risquer d’être déçue. Même si le lecteur doit être averti du niveau d’exigence du texte, ça ne doit pas l’arrêter et l’empêcher de tenter l’aventure.

Pour conclure, je félicite Jacques Collin pour son hallucinante traduction qui lui a valu le Grand Prix de l’Imaginaire 2019 dans la catégorie traduction.

D’autres avis chez Apophis, Feyd Rautha, Yogo les lectures du Maki, Celinedanaé, les chroniques du chroniqueurs, Lorhkan et Albedo

3 réflexions sur “Ma chronique de [Anatèm] de Neal Stephenson chez AMI

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.