Ma Chronique de Ready Player One de Ernest Cline

Bonjour à tous,

Aujourd’hui je vous livre ma chronique du roman de science-fiction Ready Player One de Ernest Cline, sorti en 2013 chez Michel Lafon. Ce roman a été adapté en film par Steven Spielberg lui-même en janvier 2018 mais je m’étais dit que je voulais d’abord lire le livre, et à ce jour je n’ai toujours pas vu le film.

Résumé :

2044. La Terre n’est pas belle à voir. Comme la majeure partie de l’humanité, Wade Watts passe son temps dans l’Oasis, un monde virtuel où chacun peut faire et être tout ce qui lui chante. Pour oublier la misère dans laquelle il vit. Il rêve secrètement d’être celui qui décrochera le ticket gagnant de la grande loterie…
James Halliday, le créateur de l’Oasis, est mort quelques années auparavant sans laisser de successeur. Pour décider du sort de sa fortune, il a créé une véritable chasse au trésor. Battre des records à Pac-Man, réciter par cœur des paroles de Devo, ou trouver les failles des jeux vidéo cultes : voilà l’unique moyen d’accéder à son héritage colossal. Des centaines de personnes ont essayé, en vain. Joueurs invétérés ou grand organismes mondiaux corrompus, tous s’y sont cassé les dents. Wade se dit qu’il serait peut-être capable de relever le défi. Et il résout la première énigme.

Mon avis : une lecture en demi-teinte

Alors, malheureusement je vais avoir un peu de mal à vous donner un avis tranché tant ce roman m’a fait passer par des phases très différentes les unes des autres. Globalement je l’ai beaucoup apprécié, mais plus comme un divertissement addictif, alors que je m’attendais au traitement de thème plus profonds, même sur un roman jeunesse/adolescent comme celui-ci. Beaucoup de choses sont effleurées alors qu’elles mériteraient qu’on s’y attarde, comme la question de l’apparence sur les réseaux, le contact humain ou la fuite dans le virtuel pour ne pas traiter des questions graves de la société. Le héros évoque ces points mais avec un côté adolescent blasé, « c’est pas ma génération qui a créé ces problèmes, j’ai autre chose à faire » et au final on passe vite dessus. Seuls quelques personnages secondaires viennent apporter des réflexions par petites touches mais le tout reste un peu léger.

Pourtant, j’ai trouvé très réaliste et fortement probable le futur décrit par l’auteur, un avenir pessimiste (sans toutefois le qualifier de dystopique) : chômage de masse, pollution et destruction de l’écosystème, raréfaction des carburants, entassements des populations dans des bidonvilles et rétablissement du servage pour payer ses dettes aux corporations… Malheureusement on ne le voit pas assez car la plus grande partie de l’intrigue se passe dans l’OASIS, le monde virtuel dans lequel les humains déprimés se réfugient pour fuir leur quotidien. L’OASIS a été créé par deux concepteurs de jeux vidéos vers la fin des années 90 et il y a donc une fracture technologique énorme avec notre monde à partir de ce point.

La narration du roman est à la première personne du singulier et au passé, ce que je trouve extrêmement intéressant, bien que moins bien utilisé que dans d’autres romans. L’intrigue est donc le récit du point de vue du héros de sa quête pour découvrir l’œuf de Halliday, un Œuf de Pâques (genre de bonus caché dans un jeu vidéo), dissimulé dans l’OASIS et qui apporterait la fortune et le contrôle du jeu à qui le trouvera. Toute la compétition autour d’un tel enjeu est très bien pensé et on est vite pris par les différents rebondissements et les aventures du héros, que ce soit dans l’OASIS ou le monde réel. Il y a évidemment certaines facilités scénaristiques mais rien de gênant.

Le point le plus intéressant de ce roman, et qui a fait qu’il a été choisi pour être adapté en film, reste les références innombrables à la culture pop des années 80. Et je dirai même plus que des références : les années 80 sont centrales à l’intrigue et même glorifiées puisque l’OASIS les fait quasiment virtuellement revivre. (Je sais que dans le film, certaines références « années 80 » ont été remplacées par des références « années 90 » ou même 2000).

Les films Wargames, Lady Hawk et Seize bougies pour Sam, Donjons et Dragons, Pacman, le jeu Tempest, l’Atari 2600, le groupe de rock Rush, Blade Runner, les Monthy Python, la série Sacrée Famille … ça fleurit à toutes les pages. Heureusement pour moi, j’ai vécu un peu dans les années 80 et j’ai surtout (beaucoup trop) regardé la télé dans les années 90 où la culture américaine de la décennie précédente arrivait sur les ondes françaises. Et aussi, allez savoir pourquoi, je me suis prise d’une passion sans borne pour les films de John Hughes dont, entre autres, Seize bougies pour Sam, Say anything, La folle journée de Ferris Bueller, et Breakfast Club (un bijou !!!). De plus je ne sais pas trop comment mais je m’y connaissais en vieux jeux vidéo et je maitrise le concept de Quête et de MMORPG (jeu de rôle en ligne massivement multijoueur), sans être une gameuse du tout.

Donc je m’y suis plutôt bien retrouvée et j’ai souri, ri, apprécié les jeux de mots. Mais à chaque référence je me demandais comme les jeunes lecteurs nés après 2000 pouvait y comprendre quelque chose… car ce roman est un roman jeunesse ! Et ça se sent par l’écriture qui n’est pas vraiment d’un haut niveau : c’est fluide mais très simpliste, ce qui m’a parfois gêné et m’a laissé dire que ce n’était pas vraiment très bien écrit. Était-ce un problème de traduction ou bien le désir d’écrire comme parle un ado de 17 ans ? Mystère.

Cette incohérence profonde m’a donc beaucoup gêné : les références font que le livre s’adresse à des geeks (voir des otaku, pour les références japonaises) d’une trentaine ou une quarantaine d’années, alors que le roman a la forme d’un livre pour ado dans le langage mais aussi dans l’intrigue assez simple, le peu de réflexion sociétales, et l’absence d’évolution importante du personnage (moins que dans d’autres romans Young Adult). Pas étonnant que Spielberg ait remplacé les références aux années 80 par d’autres plus compréhensibles pour les jeunes spectateurs : il a ainsi réajusté le contenu au contenant pour s’adresser à la bonne cible.

L’autre chose qui m’a fait sourciller, et qui n’est pas abordé dans le roman (mais alors il s’agit là d’une analyse toute personnelle), est la glorification de la culture pop des années 80. Comme dit plus haut je suis fan !  Mais je suis aussi fan des années 90 et un peu 2000 (en revanche ne me parlez pas des années 2010, des Anges de la télé réalité et de Maitre Gims) et donc voir ainsi pendant 400 pages des adolescents aduler des artistes et une époque qu’ils n’ont pas connu m’a rendu un peu triste pour tout ce qui est venu après et j’avais l’impression que parce qu’ils ne pensaient pas faire aussi bien, quelque part cette génération n’essayait même pas. De plus dans le roman, le concepteur du jeu avait tout créé à l’image de cette décennie dans laquelle il avait grandi et quelque part il enfermait les jeunes dedans et les empêchait de se construire leurs propres références. Je me suis donc demandé si ce n’était pas ce qu’on vivait aussi aujourd’hui avec cette dernière décennie assez pauvre en termes de culture populaire, et dans laquelle on voit fleurir plus de reprises que de choses nouvelles. (Bon je sens que je vais lancer un débat houleux donc je vous attends en commentaire pour en discuter 😊 )

De plus dans le roman on voit que les années 80 véhiculent une énorme nostalgie. Nostalgie d’un monde plus simple, plus heureux, plus ancré dans la vraie vie et donc les personnages l’idéalisent alors que ce n’était pas tout rose non plus et tous les films et les musiques n’étaient pas bonnes à prendre.

Ce genre de réflexions était les mêmes que lors de la sortie de la série Stranger Things, où on glorifiait ce qui n’était qu’une copie des films et mangas des années 80.

 

Pour conclure je dirai que Ready Player One a été une lecture en demi-teinte, divertissante certes, et qui m’a donné envie de me replonger dans la culture des années 80, mais qui ne m’a pas bouleversé non plus. Je le conseille aux geeks et fan de jeux vidéos de plus de trente ans, ou aux vrais passionnés, qui sauront passer par-dessus le côté adolescent de ce livre. Pour les autres, je conseillerai plutôt le film qui a apparemment su réconcilier la grosse dichotomie du livre.

Et vous l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ? N’hésitez pas à me laisser un commentaire !

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