Les romans dystopiques Young Adult ou les 3 fantasmes de l’adolescence

Ayant lu autant les romans classiques (Fahrenheit 451, 1984, le meilleur des mondes, la zone du dehors) que ceux pour jeunes adultes (Hunger Games, Divergente, Legend, le Labyrinthe) je les avais rapidement casés dans la même catégorie de romans dystopiques ; considérant naïvement que la seule différence était l’âge du lecteur cible et me disant que, une fois adulte, les jeunes lecteurs se tourneraient naturellement vers les romans classiques précités.  Seulement cette idée commençait à s’effriter en voyant d’une part le succès énorme des romans dystopiques Young Adult (ou YA, anglais de Jeunes adultes et nom généralement donné à ces romans) auprès des adultes ; et d’autre part en discutant avec des adolescents qui, ayant lu les classiques « pour adultes », m’expliquaient préférer quand même les romans YA en argumentant qu’ils étaient différents.

J’ai donc souhaité me pencher sur la question et j’ai réalisé que les dystopies Young Adult répondent parfaitement aux questionnements actuels des adolescents car ils présentent non seulement des héros auxquels les adolescents souhaitent ressembler mais également une société qu’ils fantasment (tout en étant un cauchemar, d’où la contradiction). Dans le même sens les adultes lisant des dystopies YA (moi en premier, car oui j’en apprécie la lecture malgré toutes les choses que je vais dire après 🙂 ) se retrouvent également dans ces fantasmes en y voyant une adolescence qu’ils auraient peut-être souhaité vivre. Ainsi la lecture et l’analyse de ces romans nous permet, à nous adultes et même parfois parents, de mieux comprendre les adolescents et jeunes adultes, leur vision d’eux-mêmes et de notre société.

Tout cela peut paraître obscur mais je vais tenter d’éclaircir mon propos.

Tout d’abord reprenons les définitions et les bases du genre :

La dystopie est, selon mon ami Wikipédia, « un récit de fiction dépeignant une société imaginaire organisée de telle façon qu’elle empêche ses membres d’atteindre le bonheur. Une dystopie peut également être considérée, entre autres, comme une utopie qui vire au cauchemar et conduit donc à une contre-utopie. L’auteur entend ainsi mettre en garde le lecteur en montrant les conséquences néfastes d’une idéologie (ou d’une pratique) présente à notre époque. »

Alors que les grands romans classiques de dystopie s’étalent de 1950 à nos jours, les romans de dystopies Young Adult fleurissent depuis un peu plus d’une dizaine d’années. Je parle bien sûr, mais entre autres, de Hunger Games de Suzann Collins, de Divergente de Veronica Roth, de Legend de Marie Lu, du Labyrinthe de James Dashner, de Promise de Ally Condy, de Uglies de Scott Westerfeld, de The Book of Ivy de Amy Engel, etc. (Vous noterez la surreprésentation des romans aux héroïnes féminines, car c’est principalement le lectorat visé (et aussi ceux que j’ai lu)). Comment en sommes-nous arrivés là ? Et bien les éditeurs ont tout simplement remarqué que les adolescents lisaient beaucoup de livres de science-fiction, notamment les classiques de la dystopies, mais aussi d’autres titres. Ils ont donc extrapolés leurs goûts à partir de ces informations pour consolider ce segment du marché à part entière en lui octroyant une forme particulière (couvertures, police d’écriture, …) et une voix (le plus souvent narration à la première personne au présent de l’indicatif).

Or pour moi, ces romans nous offrent, sous la forme d’une saga d’aventure, le triple fantasme du héros, de la société et de la révolte.

Le fantasme du héros

Exemple parfait d’identification des fans qui vivent la même chose que le héros des romans

Vous l’aurez sûrement constaté, dans ces romans dystopiques de Young Adult on peut s’identifier facilement à l’héroïne ou au héros. Cela tient de plusieurs ressorts : tout d’abord une narration en « je » qui force quelque part cette identification en faisant fusionner le lecteur avec le personnage principal qui appréhende toute l’histoire à travers ses yeux ; une narration au présent pour accentuer l’effet réaliste et immédiat de ce que le lecteur/héros vit ; et enfin une héroïne un peu « coquille vide » qui a peu de personnalité au début de l’histoire et qui accepte la société dystopique parce qu’elle n’y a pas vraiment réfléchi (Triss dans Divergente), parce qu’elle faisait comme ses parents, parce qu’elle est privilégiée (June dans Legend) ou (top du top) parce qu’il n’a pas de souvenirs de son passé (Thomas dans le Labyrinthe). L’héroïne généralement a peu ou pas d’ami, ne se trouve aucun talent particulier (comme Katniss dans Hunger Games alors qu’elle pourrait tirer un pigeon parisien du haut de la tour Eiffel) ou beauté. La lectrice peut donc se projeter totalement sur cette vague silhouette de personnage principal. Et c’est dans le récit par la suite que sera révélée la personnalité, généralement très flatteuse, de l’héroïne (et donc par identification, de la lectrice). Katniss est très forte, Triss est divergente, June est belle et pas naïve, Tally n’est pas superficielle…

L’ego du lecteur est donc gonflé à bloc. Et en ce sens, cela répond à un fantasme propre à ces années ingrates de l’adolescence : qui suis-je ? Avec quelle qualité est-ce que je contribue au monde ? Quand vais-je me révéler, éclore, être reconnu par les autres ?

« [Les romans dystopiques YA] doivent donner naissance à une très forte identification, analyse Xavier d’Almeida, éditeur chez PKJ. Mon premier argument motivant l’achat de droits de Hunger Games, en 2008, alors qu’il n’était à l’époque aucunement question d’un quelconque projet cinéma, était que l’héroïne prend son destin en main. Si notre lectorat est aussi féminin, c’est aussi parce qu’il s’agit d’une littérature féministe. » « Les héroïnes suscitent plus d’empathie et de fierté », observe Glenn Tavennec, chez Robert Laffont.

Toujours sur ce fantasme du héros, les romans dystopiques Young Adult donnent aussi à croire qu’un adolescent peut agir et changer les choses. Bon, d’un côté il me semble normal qu’un roman raconte une aventure épique et pas seulement comment Bertrand passe une journée  en classe de terminal au lycée de Pépette-la-Vallée. Cependant là aussi nous sommes sur un désir propre de l’adolescence qui se définit comme l’âge où, tout en étant capable aussi bien physiquement qu’intellectuellement d’agir selon ses convictions, l’individu n’est pas complètement autonome vis-à-vis de ses parents. Et la transition vers l’âge adulte se fait par l’émancipation de l’autorité parentale, par l’affirmation de son indépendance et par le passage à l’acte (où l’adolescent devient acteur du monde et non plus objet).

D’autant plus que les romans décrivent le plus souvent des adolescents ordinaires, qui soudainement se métamorphosent en héros en mettant leurs qualités au service de la rébellion. Le summum est atteint quand le personnage principal se révèle être un « élu » (c’est-à-dire que c’était lui et pas un autre qui devait accomplir l’exploit). Et qui ne voudrait pas être transformé en surhomme en un claquement de doigt ? (ou en un tour de baguette magique, accompagnée d’une lettre d’admission à Poudlard 🙂 ).

Le monde est lisible

Jusqu’à maintenant, mon analyse est assez classique. Héros du roman = moi fantasmé. Très bien, c’est simple. Mais en y regardant de plus près, j’ai commencé à me dire que le monde décrit dans les romans dystopiques Young Adult était aussi un fantasme en soi, un désir de société, pour la simple et bonne raison qu’elle est lisible, claire, facile à comprendre, qu’elle fait sens.

Et donc cela montre que, pour les jeunes lecteurs, notre société actuelle n’en fait pas…

Traduction: tous les fans veulent aller dans le monde imaginaire de leur héros… sauf ceux de Hunger Games

Étudions d’abord les sociétés de ces romans. Généralement elles ont des règles très claires qu’elles imposent aux individus ; ce sont des mondes rigoristes, aux gouvernements totalitaires. Il y a le plus souvent un système qui au choix classe les personnes  en riche ou pauvre (Hunger Games), par personnalité (Divergente) ou par aptitude (Legend), forme les unions (Promise), offre sécurité et richesse en échange de la liberté (dans Uglies notamment ou Promise). Il y a donc souvent une opposition entre société et individu et ces derniers doivent servir l’Etat, au détriment de leur libre arbitre ou de leurs sentiments. Les points communs entre ces sociétés sont qu’elles résultent d’un événement violent et traumatisant qui a créé un moment de rupture dans la civilisation (la fonte des glaciers dans Legend, une guerre totale dans Divergente, Promise ou Hunger Games). Enfin la plupart du temps il y a un « dehors », un ailleurs à l’extérieur des limites de la société qui constitue un lieu à explorer, à découvrir, à façonner.

Il est évident que notre monde actuel est complètement à l’opposé de ceux des romans. Tout d’abord il s’est formé de façon continue avec de nombreuses périodes de l’histoire qui ont permis une évolution progressive ponctuée de moments d’accélération. Et pour comprendre notre civilisation il faut connaître ce passé. Dans les romans dystopiques YA, les civilisations sont des ardoises vides, exemptes (en apparence) d’histoires ou d’influences. Il n’y a rien à apprendre du passé (à la poubelle les cours d’histoire-géo !), le monde nous est donné « tel quel » ; et, même si on mentionne une catastrophe à l’origine de tout, il reste neuf avec des règles simples et qui a donc un futur possible qui serait un mieux (et pour lequel l’héroïne décide d’agir).

De plus, dans notre société, les règles sont tacites, rarement clairement énoncées et parfois ambiguës. Il faut se réaliser et trouver sa passion, mais aussi avoir un emploi bien payé tout en étant conscient que l’argent ne fait pas le bonheur. Des milliers de types d’études mènent à des milliers de types de métiers ; il y a des centaines de philosophies de vie différentes. Tout est subjectif et le jugement sur notre attitude ou nos choix est rarement direct et immédiat (contrairement aux systèmes de notations, ou de validation des romans dystopiques YA), et les influences sont cachés (manipulation marketing, bonjour !). Il y a des contraintes claires imposées par la société certes mais elles font débat même chez les adultes et les adolescents peu à peu s’approprient ces débats et les perpétuent (exemple, les parties politiques). Notre monde a plusieurs cultures avec lesquelles il faut composer quand les sociétés des romans dystopiques en ont généralement une seule. Enfin nous sommes dans un monde fini, sans « dehors » ou autre pays à rêver et à conquérir. Rien que cela peut donner des bouffées d’angoisse.

Quel adolescent (ou même adulte) ne rêve pas d’une société simple, facile à comprendre avec des règles qu’il peut appréhender ? On aurait des injonctions claires, une place définie, aucun relativisme culturel ou politique. Ce serait tellement lisible qu’on saurait facilement contre quoi et comment se révolter.

Le fantasme de la révolte

Tome 2 de Promise, « je suis une ado en crise, je casse le système »

Et oui car notre ultime fantasme c’est celui de pouvoir se révolter enfin. Principalement, comme dit ci-dessus, parce que nous avons enfin des règles claires auxquelles nous pouvons dire « non ». Non, nous ne voulons pas nous entretuer dans un jeu cruel (Hunger Games). Non, être différent n’est pas un crime (Divergente). Non l’amour n’est pas une émotion dangereuse à bannir (Delirium) etcetera etcetera.

Et voici la métaphore du rite de passage à l’âge adulte, l’adolescent affronte les règles et grandit dans l’adversité pour enfin participer à la société de la façon qu’il estime juste.

Le lecteur trouve concrètement devant lui un méchant aisément identifiable, parfois symbolisé par un personnage (dictateur en poste le plus souvent). Méchant système + méchant chef du système = révolte facile. A l’opposé des sociétés de La Zone du Dehors de Alain Damasio où tout le monde est coupable et où la cible de la révolte devient la principale quête des protagonistes (voir mon analyse de ce roman ici).

La révolte est d’autant plus facile que, contrairement à la vraie vie, il ne s’agit pas de se révolter contre ses parents. En ce sens, les romans dystopiques YA sont très forts : ils ont fait disparaître les parents soit en les tuant par le passé (Legend, Hunger Games) soit en en faisant des victimes du système qui n’ont pas eu le courage de se révolter. Il y a donc une sorte de découplage du binôme pouvoir/amour qui normalement se retrouve dans toute relation parent-enfant. Le gouvernement prend sur lui toute la partie oppression, règles et contraintes en étant liberticide pour le bien commun. Le parent garde sa fonction d’amour et de tendresse. Ainsi dans ces mondes, la rébellion est possible car en envoyant valser la société l’adolescent n’abime pas son lien affectif avec ses parents.

Or c’est le paradoxe de la crise d’adolescence : « je vous aime mais je hais ce que vous m’imposez » ; ce à quoi l’adulte répond « je t’aime mais je t’impose des choses car je sais ce qui est bon pour toi ». Tout comme les contes de fée avaient découplé le lien avec la mère en créant une belle-mère que l’enfant peut détester (et sur laquelle il projette ce qu’il reproche à sa mère) et une marraine qu’il peut aduler (caricature de compréhension et d’assistance maternelle), les romans dystopiques créent une haine possible (et légitime) envers les règles imposées par un gouvernement « paternaliste » tout en préservant la relation enfant-parent. Encore un fantasme de crise d’adolescence idéale…

Enfin dans ces romans YA, la révolte peut aboutir à la victoire (et l’histoire se finit bien, bien que souvent dans la douleur). Et ça c’est LA grande différence avec les romans dystopiques classiques qui eux finissent mal.

Dans 1984 la révolte est futile car le système se base sur les faiblesses individualistes ce qui est imparable et l’amour ne triomphe pas ; dans La Zone du Dehors les consciences ne s’éveillent pas du tout et le mince système anarchiste gagné de haute lutte ne fonctionne pas très bien, dans Fahrenheit 451 l’acte de rébellion ostracise le héros et la société s’effondre pour une autre raison que son action, dans Le Meilleur des Mondes le conditionnement rend impossible toute adhésion à l’idée de révolte et les personnages principaux sont exilés ou meurent. …BIM.

Ainsi ces romans classiques ont pour message que l’avènement de telles sociétés doit être évité à tout prix car il n’y aurait alors aucune libération possible pour l’homme. Les romans Young Adult, magnifiant le héros, disent au contraire que l’on peut toujours, avec courage et souvent sacrifice, apporter un changement durable dans ces sociétés qui sont allées trop loin.

Or les dystopies Young Adult sont souvent des sociétés où un élément présent actuellement dans notre monde est porté à son paroxysme. Dans Hunger Games la société du spectacle et de la télé-réalité est utilisée comme instrument de répression politique ; dans Legend, une pression migratoire a entrainé l’avènement d’un régime dictatorial ; dans Promise l’homme est esclave du rendement et les sentiments amoureux eux-mêmes doivent obéir à une logique de rationalité capitaliste ; dans Uglies les adolescents ne rêvent que d’un corps parfait, dans Glitch une puce électronique contrôle tes pensées.

Dans leur essai « Rébellion féminine dans les Dystopies Young Adult » (en anglais), leurs auteurs Sara K. Day, Miranda A. Green- Barteet, Amy L. Montz se posent la question de savoir si ces romans dystopiques YA ne préparent pas en quelque sorte les adolescents aux dérives actuelles de nos sociétés et si finalement ceux-ci ne seraient pas plus à même de les accepter. Alors que les romans « classiques » ont plus tendance à nous alerter pour éviter que ces dérives ne se transforment en un système liberticide, d’autant plus qu’ils montrent comment ces libertés sont supprimées progressivement, parfois sans qu’on s’en aperçoive (un peu comme dans La Servante Écarlate de Margaret Atwood, voir ma chronique de ce roman ici)

Voici donc pour moi les trois fantasmes auxquels répondent ces romans et comment cela explique leur succès chez les adolescents et les jeunes adultes, tout cela mis en opposition aux romans plus classiques du genre.

Je terminerai cet article (déjà très très long j’en suis consciente) en disant juste que au cours de mes recherches, je suis tombée sur plusieurs articles disant que cette mode des romans dystopiques YA avait tendance à s’essouffler et qu’on revenait vers des romans traitant de sujets réalistes et contemporains (comme Nos étoiles contraires de John Green, ou Everything Everything de Nicola Yoon).

Ensuite j’ai repensé récemment à une amie américaine que j’ai rencontrée quand je vivais au Sri Lanka et qui m’avait fait part de la façon dont son père avait lu systématiquement tous les livres que sa sœur et elle devaient lire à l’école, au collège et au lycée. Il se justifiait en disant qu’il souhaitait savoir ce que ses filles vivaient dans leur lecture pour mieux les comprendre et aussi parfois pour discuter des thématiques abordées. J’ai trouvé cela étrange au début, car les livres qu’on lit à ces âges-là constituent notre âme et notre jardin secret. Mais finalement j’ai fini par comprendre son argument. Et quand je vois à quel point la littérature dédiée à un certain lectorat peut nous apprendre beaucoup sur celui-ci je me suis dit que ça valait le coup de les lire également (et aussi pour notre plaisir personnel de lecteur 🙂 ).

 

J’espère que vous avez aimé cet article. N’hésitez donc pas à commenter, à me faire des remarques, à contredire peut-être mon propos en parlant de votre vision des choses ou d’autres romans que je n’ai pas mentionnés ici.

Sur ce thème je vous conseille 3 excellents articles qui ont étoffé ma réflexion :

– « Rébellion féminine dans les Dystopies Young Adult », de Sara K. Day, Miranda A. Green- Barteet, Amy L. Montz, uniquement en anglais : j’ai apprécié la partie où les auteurs montrent que les héroïnes se mettent en action suite à leur rencontre avec un personnage masculin (dont elles tombent amoureuse) au dépens de leurs meilleures amies qui leur avaient pourtant tenu le même discours (et qui meurent souvent d’ailleurs), cela perpétue le stéréotype de l’héroïne passive qui se bat uniquement pour l’amour d’un homme (et non pour une idée universelle de justice qui reste elle l’apanage du héros masculin) et l’idée de la supériorité de l’amour hétérosexuel sur l’amitié entre femmes.

– Un article du blog « Allez vous faire lire » sur la dystopie jeune adulte. Hyper intéressant. Comme tout ce blog d’ailleurs. https://allezvousfairelire.com/2016/01/25/la-dystopie-jeunesse-aujourdhui-23-quest-ce-que-cest-et-pourquoi-ca-marche/

– Cet excellent article qui analyse l’interdiction des sentiments amoureux dans les dystopies Young Adult comme la négation totale de l’individu et de sa liberté. Je reprends certaines de ses analyses notamment sur le passage à l’adolescence dans mon argumentaire. https://systemececilia.wordpress.com/2016/01/09/lamour-est-une-arme-les-dystopies-young-adult-et-lamour-romantique/#_ftn35

 

 

10 réflexions sur “Les romans dystopiques Young Adult ou les 3 fantasmes de l’adolescence

  1. J’aime beaucoup ton analyse ! Les dystopies me fascinent, que ce soit les classiques comme les récentes plus axées Young Adult. J’avais aussi pu observer que beaucoup des dystopies récentes se finissaient de manière positive, alors que les classiques étaient souvent plus fatalistes ou douce-amères 🙂

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    1. Douces-amères c’est exactement le terme ! les dystopies YA ont quand même un élément « noir » dans la fin, mais plus liés aux héros en eux-mêmes (exemple June et Day dans Legend, ou la fin de divergente ou même celle d’Hunger Games) mais jamais dans le message général lié au monde dystopique qui reste un message positif de « on a gagné contre les méchants »

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  2. Bonjour, je te remercie d’avoir partagé ton article sur notre blog, nous permettant de découvrir cette analyse très pertinente. N’étant pas une amatrice de young adult, j’ai très peu de matière. Cependant, je trouve ton analyse de ce genre, au regard de la dystopie, très intéressante. Ta vision du triptyque fantasme, société et révolte m’a convaincue. La transposition des fantasmes d’une jeunesse en proie de liberté est parlante. Les sociologues n’ont-ils pas défini la génération Y comme la première sans alternativement sociétale? Alors, quand est-il de la génération suivante? Cependant, je ne partage pas ton analyse sur les dystopies dites classiques qui selon moi, n’est pas si manichéenne. Et peut-être la solution se trouve t-elle déjà dans ton analyse. Les dystopies ne sont pas porteuses d’un message de jeunesse. Ce sont l’analyse d’une idéologie. La différence entre les dystopies de YA et classique est la liberté, comme tu l’as évoquée. Dans la premières, les protagonistes en jouissent suffisamment pour pouvoir agir et briser leurs chaines. Alors que dans les classiques, le processus est beaucoup plus long, et ne se limite pas à une personne. Je pense notamment au chef d’oeuvre Isaac Asimov, Fondation. Sa dystopie pluralisme se démêle sur des siècles. Et, je vais de nouveau être embêtante sur le sujet, c’est toute la substance de la science-fiction. Contrairement au Yound Adult, qui tient de l’imaginaire. Ce qui est, selon moi, la réelle différence entre les deux genres.
    Je te remercie d’avoir ouvert ce sujet passionnant. Il me tarde de lire tes autres articles. Uranie

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    1. Salut, Merci pour ta réponse. le débat est super intéressant. As tu lu La Zone du dehors ? c’est superbe.
      Une chose me titille : Pourquoi classes tu Fondation comme une dystopie ? Même si ce n’est pas un futur désirable je ne le vois pas comme un système liberticide.

      Aimé par 1 personne

      1. Je ne l’ai pas lu. Mais on m’en a dit que du bien. Je vais essayée de le lire prochainement.

        Pour répondre à ta question, je vais devoir puiser dans les méandres de mon esprit tordu, donc je ne te garantie pas la véracité! On part de l’Empire, dont l’histoire fait cruellement penser au Déclin de l’Occident d’Oswald Spengler. L’empire rétro-garde politiquement tout en ayant les moyens technologiques de contrôler la société. Pour remédier à cette situation, un homme met en place une science, dont lui seul connait le secret. Cependant, elle ne concerne qu’une part infime de la population. Ceux qui ont été choisis sont soumis au plan de ce dernier. Nous pouvons nous dire, que ce procédé est purement altruiste, et par conséquent, ne peut-être considéré comme une dérive sociétale. Cependant, au fil de la lecture, je n’ai pu m’empêcher de visualiser la cage dans laquelle se retrouve emprisonner les gens de la fondation. Sous l’argument de sauver l’univers de la barbarie, ces personnes sont privées de leur libre arbitre. Certaines cessent même d’agir, attendant d’être sauvé par les théorie de Seldon. Alors même, que certaines visent au sacrifice… Je pense à la seconde fondation.
        Il y a donc un choix certain, qui sera libre, qui ne le sera pas. Des générations sacrifiés au profit d’une potentielle utopie… J’ai dû mal à me dire que tout ce procédé soit pour le bien des Hommes. Si nous considérons que chaque individu est important, et a le droit de disposer d’eux même. J’ai énormément de mal à me sentir concernée par cette méthode.

        Je n’ai pas encore lu le cycle 2, donc peut-être que tout ceci ne tient plus. Mais cette vision holistique à grande échelle me rend extrêmement perplexe. La psychohistoire fonctionne t-elle pas uniquement parce que ses protagonistes s’y soumettent?

        Voilà en résumé, mes interrogations lors de ma lecture. Mais je suis d’accord, je vais peut-être trop loin en parlant de dystopie.

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